Le mois de février est un mois souvent un peu stressant pour le travailleur non salarié (travailleur indépendant, dirigeant majoritaire d’EURL ou SARL). C’est le mois du premier paiement des cotisations sociales de l’année.

Et cela se traduit physiquement par l’envoi des appels de cotisations prévisionnelles.

Lorsque les appels arrivent (URSSAF et éventuellement CIPAV) le premier réflexe est bien sur, de regarder le bas de la feuille, qui indique le montant des cotisations à payer pour l’année, et de regarder au dos pour connaître l’échéancier.

Au choix, et suivant les situations, la somme peut apparaître supérieure, inférieure ou égale à ce qui était attendu, espéré ou redouté… dans tous les cas, elle peut venir conforter notre manque de sympathie pour ces cotisations, et le sentiment que ça devrait être moins cher. Réflexe humain et qu’il faut accueillir !

Mais il est impératif de ne pas en rester là.

Ces appels sont prévisionnels, c’est à dire qu’ils sont une évaluation qui sera ré-évaluée 2 fois:

– cette année, vers le mois de juin

– l’année prochaine, toujours en juin

C’est la perspective de ces ajustements qui est stressante.

Cette prévision peut-être trop élevée, l’URSSAF et la CIPAV nous rembourseront de l’argent l’an prochain. ou réduira le montant pour la fin de l’année. En attendant, cela pèse sur la trésorerie !

Cette prévision peut-être trop faible, nous devrons compléter l’an prochain, ou peut-être dès cette fin d’année. Et cela peut être douloureux, il faut donc l’anticiper.

Lorsque les feuilles arrivent, il est ainsi indispensable de vérifier 2 points cruciaux:

– J’ai compris pourquoi je paye cette somme,
– Cette somme est cohérente avec mes prévisions.

J’ai compris pourquoi je paye cette somme !

Elle n’est pas définie au hasard. Elle correspond au dernier revenu réel connu. Soit, pour l’appel de cotisation 2019, aux revenus de TNS déclarés en 2017. C’est la somme indiquée dans la colonne « base retenue ». Si votre revenu est faible, cette colonne indique alors le montant minimum retenu pour le calcul de vos cotisations.

Mais peut-être que votre entreprise n’était pas créée en 2017 ! Dans ce cas, les cotisations sont calculées sur une base forfaitaire: 7 549 €  pour la retraite et la CSG, et 15 893€ pour la maladie. C’est sur cette base que sont calculées les cotisations, en prenant en compte le taux de cotisation.

Cette somme est cohérente avec mes prévisions !

Qui, mieux que vous, est en mesure de connaitre le développement de votre entreprise ? Prenez donc le temps de faire vos propres prévisions de revenu. La prévision que vous envoie l’URSSAF et la CIPAV est ajustable à tout moment: à réception de l’avis comme en cours d’année, s’il se passe un évènement significatif qui va modifier les revenus.

Un nouveau calcul aura lieu en milieu d’année,

Ce second calcul prendra en compte vos revenus 2018 lorsque vous les aurez déclarés, à partir du mois d’avril. Il permettra donc:

– De calculer définitivement vos cotisations 2018, et ainsi de régulariser les sommes déjà payées l’an dernier. Si vous avez payé trop, la somme vous sera remboursée. Si vous n’avez pas payé assez, la différence sera ajoutée à vos cotisations 2019.

– De ré-ajuster le prévisionnel 2019. La provision pourra ainsi être réduite ou augmentée, pour correspondre aux informations actualisées.

Un réflexe pour être tranquille concernant les cotisations à payer et leurs régularisations futures:

– Faites vos comptes annuels le plus tôt possible (pourquoi attendre le dernier moment ?).

Dans le plupart des cas, vous pouvez connaître vos revenus de l’année dès la mi janvier et vérifier si le revenu correspond aux prévisions. Dans le cas contraire, vous pourrez anticiper la régularisation. Vous pourrez ainsi faire des prévisions de revenu pour l’année en cours plus précises, à communiquer dès février lorsque vous recevrez votre appel de cotisation.

Lorsque vous faites attention à vos appels de cotisation, et que vous en comprenez le contenu, vous prenez en main la gestion de votre entreprise. Un bon moyen d’être pro actif et de mettre votre énergie sur l’essentiel: développer votre activité.

Jean Marc Cottet